Notre récit sur Les Grands Remous 2026

Tourisme et accueil

Publié le 11 février 2026

Les Grands Remous

Nous avons pris beaucoup de notes durant cette deuxième édition des Grands Remous, Sommet du tourisme innovant et durable qui s’est tenu à Québec les 4 et 5 février 2026. Voici le résumé des conférences d’ouverture des deux jours et d’autres éléments qui nous ont marqués, en format éclair et concis, regroupés sous les 4 courants de l’évenement.

Régénère-moi si tu peux

Aligner profitabilité et durabilité dans son entreprise

Orlane Panet, cofondatrice et directrice générale de MicroHabitat nous a présenté son rêve devenu réalité: créer le plus grand réseau d’agriculture urbaine au monde.

Nommée PDG de l’année, Moyenne Entreprise, Journal Les Affaires et récipiendaire de plusieurs distinctions, Orlane a eu l’audace de croire que les toits de Montréal et autres espaces urbains sous-utilisés pouvaient être transformés en écosystèmes générateurs de revenus et d’impact.

Après avoir installé un jardin sur le toit du Centre Eaton elle s’est tout simplement dit pourquoi s’arrêter là?

Aujourd’hui, l’entreprise est présente dans une vingtaine de grandes villes à travers le monde.

La recette du succès?

  • Oser rêver de ce qui n’existe pas encore
  • Se donner le temps de bien faire les choses
  • Avoir la conviction et la volonté de faire les choses différemment (plutôt que du business as usual).

En plus de créer des espaces verts qui permettent de s’évader du quotidien et de préserver la biodiversité dans les villes, Microhabitat aide les entreprises et les villes à atteindre leurs objectifs en matière de développement durable, à améliorer leur bien-être et à renforcer leur résilience climatique. Les denrées cultivées sont en partie redonnées à la communauté et l’entreprise soutient aussi les programmes de déjeuners dans les écoles, entre autres.

Voyager sans partir

La marque touristique de la Catalogne

Patrick Torrent Queralt, directeur du bureau du tourisme de la Catalogne, destination invitée des Grands Remous, a expliqué comment la marque du tourisme de la Catalogne s’est transformée pour aujourd’hui s’inscrire bien au-delà de ce qui touche le tourisme de loisirs et d’affaires. La marque tourisme est aujourd’hui liée aux autres valeurs de la région: la mode, le techno, l’agriculture, le sport, le savoir, la santé, la gastronomie et la culture. C’est par cette approche globale et ancrée dans la réalité du territoire que la région compte devenir l’une des plus importantes références en matière de tourisme durable d’Europe.

Le tourisme au Québec

Saviez-vous qu’au Québec la notion de tourisme date de 1838-50, avec les Américains qui se déplaçaient au Nord pour visiter notre région? C’est ce que nous apprenait entre autres Laurence Giuliani dans sa conférence Les touristes, ces résidents temporaires.

Combien de kilomètres pour prendre la photo?

Laurence nous a aussi présenté cette magnifique œuvre, Écran total de Corinne Vionnet: une superposition de nombreuses photos du Taj Mahal prises par des touristes et partagées en ligne. Cette œuvre est une invitation à la réflexion sur le partage et la répétition des images, à l’heure du numérique, des réseaux sociaux et du tourisme de masse. L’artiste interroge aussi le risque de l’épuisement du regard.

Après 8000 ans sans signature graphique

Pascale St-Amand a présenté la démarche qui a mené à la création du projet Putep’t’awt, Le sentier de la baleine, à Cacouna. Ce projet identitaire pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk puisse son inspiration dans sa relation avec le territoire. Surveillez la réouverture de l’observation des bélugas au printemps.

D’école à buvette

Né de consultations citoyennes, Espace La Rive est un environnement culturel en harmonie avec les gens qui l’habitent et le visitent. Ce lieu vivant au cœur de Saint-Joseph-de-la-Rive est une ancienne école reconvertie pour en faire une buvette, donner accès au fleuve, offrir une vitrine aux artistes, servir des produits locaux et accueillir visiteurs et résidents.

Face à l’arrivée accrue de VR, plutôt que de subir, le lieu a créé une halte d’accueil permettant de financer d’autres projets communautaires.

Nexflix, le DIY et les jeux vidéos: les concurrents du tourisme local

Ludovic Dublanchet, consultant et animateur des Grands Remous et de E-Tourisme à Pau, a rappelé que le tourisme local ne concurrence pas seulement avec d’autres destinations, mais aussi avec le sofa!

Certaines initiatives misent donc sur le loisir de proximité :

Sous le code, les impacts

Sous le code, le courant invisible

Tout le monde a apprécié la conférence d’Anne Nguyen, directrice de l’intelligence artificielle au Conseil de l’innovation du Québec, qui nous a entre autres rappelé que 90% des données que nous utilisons aujourd’hui ont été générées dans les deux dernières années.

Elle a aussi mis de l’avant les super pouvoirs des humains dans un monde d’intelligence artificielle. Nous, humains, avons la possibilité de faire émerger des solutions par la candeur, le courage, le doute ou l’intention, notre capacité de faire sens. Ce sont toutes des qualités dont les machines sont dépourvues. D’après Anne, ce sont ces qualités qui nous donnent la responsabilité de façonner le monde de demain où la technologie et nos valeurs seront de plus en plus alignées.

Voici un lien vers sa présentation TED l’an dernier.

IA + Tourisme en trois constats

À titre de membre du comité exécutif de Tourisme IA, Marie-Hélène Raymond a présenté 3 constats qui font suite à la tournée Tourisme + IA qui a permis au groupe de travail de rencontrer plus de 1500 professionnels du monde du tourisme pour parler d’intelligence artificielle:

  1. Les professionnels ne veulent pas devenir des experts en IA, mais plutôt comprendre par où commencer pour mieux travailler avec ces nouveaux outils.
  2. L’adoption de l’IA est très inégale dans le milieu du tourisme.
  3. Plusieurs ont encore peur de ne pas bien s’en servir.

La politique IA et plusieurs autres outils et ressources ont d’ailleurs été créés par le groupe de travail Tourisme IA pour répondre à ces besoins. Ces ressources sont disponibles en libre accès.

3 super pouvoirs pour utiliser l’IA dans son marketing

Valérie Vedrines de Masse Critique, un collectif OBNL qui cherche à provoquer la transformation durable et responsable de l’industrie des communications, met en garde celles et ceux qui s’en remettent yeux fermés à l’IA pour développer leurs campagnes marketing.

Pour limiter les risques financiers, légaux et d’atteinte à la réputation de la marque, elle encourage à :

  1. Programmer sa boussole en définissant bien les «dos & don’ts» dans nos prompts. (J’ai pris des notes exhaustives si ça vous intéresse).
  2. Définir des KPI (indicateurs de performance) qui protègent le long terme, soit la confiance et la relation, la qualité, et l’impact sur l’environnement et les comportements.
  3. Créer un «comité boussole», pour une gouvernance saine. Ça doit rester léger et agile, une forme de rituel de 15 minutes où l’on prend le temps d’évaluer ce qui a été fait ou ce qu’on souhaite lancer pour valider l’alignement avec les valeurs de la marque et éviter notamment les biais algorithmiques qui amplifient les stéréotypes ou de cibler les vulnérabilités.

Avec le temps, on peut bâtir une grille de validation pour respecter des limites éthiques claires pour toute l’équipe et éviter les pièges d’une IA efficace, mais moralement vide.

Prendre soin de l’intérieur

Faut-il réduire le temps de travail ou en améliorer la qualité ?

Julia Posca, chercheuse à l’IRIS, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, pense que c’est avant tout la qualité du travail qui peut améliorer notre bien-être. Nous travaillons aujourd’hui deux fois moins qu’au début de la période industrielle où les semaines de +60 heures/6 jours étaient la norme, pourtant ça ne suffit pas. Si nous ne trouvons pas de sens et de valeur dans le travail réalisé, une journée de moins ne changera rien.

Elle propose de transformer le modèle actuel : (effort) travailler > produire > consommer (compensation), par un modèle qui ne cherche pas à compenser l’effort, mais où l’effort (le travail et son résultat) est lui-même valorisé par le sens et la qualité des liens qu’il permet.

Imaginer le travail en 2036

Nous avons terminé la journée avec un atelier des récits du futur proposé par Laurence Giuliani. Elle nous a propulsé·es dix ans en avant, pour imaginer le travail d’Alex dans un grand hôtel où la techno est en force. Nous l’avons imaginé au service d’une expérience visiteur hyper personnalisée, connectée à nos déplacements géolocalisés et à nos algorithmes pour nous offrir l’ambiance, la musique, les œuvres d’art et les visuels immersifs les mieux adaptés à nos «profils». Ce scénario nous a amené·es à imaginer l’employé de demain comme une personne ultra polyvalente, très empathique et sensible, et habile «prompteur».

Cette expérience donne envie de refaire le même exercice avec différents métiers, pour imaginer l’évolution de nos rôles dans un monde toujours plus «intelligent».

Voilà pour le topo de ces deux journées bien remplies!

Cette deuxième édition a été riche en rencontres et en idées à faire germer. C’était un réel plaisir pour iX de collaborer avec l’équipe des Grands Remous, le sommet du tourisme innovant et durable, proposé par le MT Lab et Destination Québec cité, pour cette seconde édition.

Que vous œuvriez ou non dans le domaine du tourisme, nous espérons vous avoir inspiré·e et lancé·e sur quelques pistes à explorer ou remixer. Nous sommes toujours à l’affût d’initiatives responsables, dans différents domaines.

Prochain rendez-vous pour nous: l’Off numérique proposé par Votepour.ca, le 10 mars prochain.

iX est fière de collaborer avec l’équipe des Grands Remous, le sommet du tourisme innovant et durable, proposé par le MT Lab et Destination Québec cité.

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